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Article de Claude Lasbleiz ::
Pont-Aven, berceau
d'une nouvelle école: l'idéoréalisme.
Convaincus que l'art contemporain était
dans une impasse, des artistes ont lancé une nouvelle école
d'expression picturale à Pont-Aven, l'idéoréalisme.
Avec pour ambition d'ouvrir de nouvelles perspectives à leur
art.
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Yvo
Jacquier, Yannig Guillevic, Steven Le Grand et Yann-Fanch Perroches
(de gauche à droite) font partie des pionniers du mouvement
idéoréaliste. (photo Claude Lasbleiz)
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Depuis quelques mois, la
« cité des peintres » vit à l'heure de
l'éclosion d'une nouvelle école d'expression picturale
qui prend déjà date avec l'histoire de l'art: l'idéoréalisme.
A l'origine de ce mouvement, une poignée d'artistes qui,
à l'aube du XXI e siècle, ont pour ambition d'ouvrir
de nouvelles perspectives après avoir fait le constat que
« l'art contemporain dans sa conception actuelle était
révolu et que l'on est dans une impasse ».Les consultations
du site Internet (*) dont s'est doté ce nouveau courant depuis
trois mois, illustre l'intérêt et les espoirs suscités
par cette démarche.
Des artistes
connus
Les pionniers, comme l'ont
été en leur temps leurs illustres prédécesseurs
à Pont-Aven, Paul Gauguin, Emile Bernard, O'Connor et autres
Sérusier, se sont tous déjà fait un nom. Yvo
Jacquier a ouvert son atelier en 1997. Christine Paumier,
professeur d'histoire de l'art, le présente comme «
peintre d'aujourd'hui dont la démarche et les interrogations
sont fortement ancrées dans le présent, qui s'est
abreuvé aux sources de la tradition, celle de la Bretagne
où il est né (à Rohan) et celle de la musique
en tant que sonneur de bombarde et cornemuse ».
YannigGuillevic, lui,
a couru le monde avant de s'installer à Larmor-Plage dont
il a récemment restauré les icônes de l'église.
Depuis trois ans également, Steven Le Grand, originaire
de Plovan (29), exerce ses talents de maître verrier sur les
bords de l'Aven. En septembre, celui qui a réalisé
plusieurs commandes de la commission des arts sacrés, sera
rejoint dans son nouvel atelier par un autre spécialiste
du vitrail, Benoît Girault.
Dans ce quatuor d'artistes, un musicien : Yann-Fanch Perroches,
philologue averti et virtuose de l'accordéon diatonique.
Il a joué au sein du groupe Skolvan et après «
An droug hirnez », il vient de sortir un nouveau CD intitulé
: « Daou ha Daou » (Keltia)
La référence à l'art traditionnel
Pour sortir de l'impasse
consistant jusqu'à présent à ne considérer
comme contemporains que « les artistes qui fuyaient le concret
: non-figuratifs, abstraits, artistes conceptuels », les tenants
de l'idéoréalisme n'oublient pas le réel :
« La peinture est un excellent moyen d'en rendre compte ».
Pour eux, « l'issue est la réconciliation et l'abolition
des frontières stupides » et ils ajoutent que l' «
art traditionnel doit perdre son statut d'art mineur et nous enseigner
sa sève « primitive » chargée de culture
et de sacré : notre plus haute école ».
Ce concept, dont Internet va accélérer la diffusion,
va permettre à ces jeunes artistes de donner de la Bretagne,
l'image qui les habite. Tout en multipliant les occasions de rencontres
avec les expressions de tradition populaire à travers le
monde.
Jacquier et Guillevic exposeront
en novembre à l'institut culturel d'Hermosillo, dans
l'État de Sonora (Mexique). Le peintre larmorien part dans
quelques jours vivre dans la tribu primitive des Yaqui (Amazonie).
Les deux artistes seront à nouveau réunis pour
promouvoir cette sensibilité nouvelle dans le cadre de la
prochaine « Art Fair » de Londres, en juin
2001.
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